Yalla | collardneven

Yalla

IGL297

septembre 2018

Nasser Houari, oud

Jean-Philippe Collard-Neven, piano

  1. Son Bati (Nasser Houari)

  2. Piet-Achmed (J-Ph. Collard-Neven)

  3. Souk al abid (Farid el Atrache)

  4. Limada (Nasser Houari)

  5. Mamouche (J-Ph. Collard-Neven)

  6. Raqsat al jamal (Farid el Atrache)

  7. Jedba (Nasser Houari)

  8. Gulnara (J-Ph. Collard-Neven)

  9. Longa farahfaza (Riad al Sumbati)

 

DURÉE TOTALE : 69'06''

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Vendredi 11 septembre 2015, milieu de matinée, sur la route de Tanger à Rabat.
Nous sommes en voiture avec Charles Houard, délégué Wallonie-Bruxelles au Maroc, son épouse Marie-Christine, ma compagne Emilie.

J’ai joué la veille en solo au TanJazz Festival et nous devons nous rendre rapidement à Rabat où je joue le soir-même.

Charles m’avait invité à venir donner ce concert à Tanger et je lui avais dit « c’est super de venir jouer en solo, mais ce serait vraiment dommage de ne pas jouer avec des artistes marocains ». Il me parle alors d’un magnifique joueur de oud qu’il a entendu peu de temps auparavant. Il a les yeux qui pétillent. Nous devrions bien nous entendre pense-t-il…

Et nous roulons à présent sur cette belle route qui mène à Rabat en longeant la mer. Mon Leica et mon Polaroïd sur les genoux, je voudrais souvent m’arrêter pour prendre quelques photos mais le temps presse. Après être passés devant des bâtiments à l’abandon qui frappent mon regard par leur étrange mélancolie, je dis que cela aurait fait une belle photo.

Charles, qui conduit, se retourne vers moi et me dit « il faut la faire cette photo ». Et il fait demi-tour à toute allure.

Et soudain j’entends autre chose derrière cette phrase : il faut faire tout ce qui peut être fait dès l’instant où le besoin impérieux s’en fait ressentir. Le temps ne revient pas. Nous savons où nous sommes aujourd’hui, pas où nous serons demain.

Aujourd’hui, Charles a disparu, emporté par la maladie.

Nasser Houari et moi-même sommes là, grâce à lui. Et ce cd que vous tenez entre les mains.
Et cette photo Polaroïd qui semble nous dire que les choses peuvent disparaître à tout instant mais que c’est précisément ce qui rend chaque instant précieux si l’on sait prendre le temps de parfois s’arrêter sur le bord d’une route pour regarder. Ou juste prendre le temps de s’arrêter.
Yalla.

 

Jean-Philippe Collard-Neven

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